Start-up – grand groupe, limites des principaux préjugés

Grand groupe : au sens de l’INSEE, entreprise de plus de 500 salariés et ayant un chiffre d’affaires supérieur à 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires ou un bilan supérieur à 2 milliards d’euros.

Start-up : une entreprise, un partenariat ou une organisation temporaire conçue pour rechercher un modèle d’entreprise reproductible et évolutif – dans le sens le plus communément reconnu. En France, la seule définition approchante (et plus restrictive) est celle du code des impôts pour les jeunes entreprises innovantes : une PME indépendante, de moins de 8 ans pouvant prouver des activités de recherche.

L’un et l’autre ont besoin de collaborer, l’un pour mieux innover avec souplesse, l’autre pour mieux croître – mais de nombreux points de divergences aparaissent à première vue. Nombre d’entre eux sont des préjugés dont il faut se débarasser afin de pouvoir réussir à collaborer :

Préjugé 1 Les start-up ont moins de moyens que les grands groupes

Oui, quand on regarde le numéro de SIRET, le chiffre d’affaires du grand groupe est bien supérieur à celui de la start-up (c’est leur définition-même). Mais quand il s’agit de monter un partenariat, les moyens du grand groupe sont mobilisés par une équipe ou une direction. On ne considère plus le groupe mais l’équipe…Dans ce cas, les moyens et les marges de manoeuvre sont équivalents, voire moindres.

Préjugé 2 Les start-up ont moins de capacité à gérer les contrats que les grands groupes

Oui, mais une fois qu’une start-up a levé des fonds, elle est accompagnée, notamment par des avocats spécialisés en start-up. Ceux-ci sont compétents en droit commercial, en propriété intellectuelle, en droit des sociétés, voire en droit social… Dans les grands groupes, les juristes ont tendance à se spécialiser dans l’un ou l’autre domaine (propriété intellectuelle vs. droit commercial), et sont plus débordés encore que les acheteurs !

Préjugé 3 Les start-up ont besoin de travailler avec mon grand groupe

Oui, mais quand l’idée est pertinente et que l’équipe a du potentiel, vous n’êtes pas le seul grand groupe.

Préjugé 4 Les start-up ont besoin de l’appui des dirigeants du grand groupe pour réussir leurs partenariats

Oui, mais les dirigeants des grands groupes ne travaillent pas sur le quotidien des projets. Sans appui des équipes, un projet même avec le meilleur sponsoring n’ira jamais bien loin.

Préjugé 5 Les start-up ont besoin des grands groupes pour passer à l’échelle

Oui, mais les grands groupes établis savent-ils encore passer à l’échelle pour des produits, services ou procédés innovants ?

Préjugé 6 Les start-up ne passent pas l’évaluation des risques fournisseurs des grands groupes

Oui, mais quand cela passe quand même, ce n’est pas toujours un bon signe : une bonne stratégie de valorisation des actifs immatériels, un brevet ou un logiciel avec du potentiel, mais sans réalité d’exploitation vient renforcer les fonds propres et améliore ainsi certains ratios de solvabilité.

Les start-up sont plus innovantes que les grands groupes

Oui mais surtout en ce qui concerne l’innovation radicale où elles sont plus créatives et souples, alors que le grand groupe est empêtré dans ses normes et habitudes sur ses marchés historiques. Quand on regarde tout type d’innovation, le taux de succès d’une start-up tourne autour de 20%, alors que sur un projet interne d’innovation, il est de 80%, d’après une étude réalisée en Inde, Chine et aux USA.

La version courte et originale de cet article a été publiée dans la revue Décision Achats